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Un des enjeux les plus importants de l'événement Artefact 2001, sculptures urbaines consiste à rapprocher l'art et la vie, à (re)mettre en communication ces deux termes qui ont parfois tendance à se perdre de vue. Normalement, en effet, le public est sensible à ces expositions dites "hors-les-murs", dans lesquelles des oeuvres contemporaines quittent leurs tours d'ivoire pour aller au-devant de lui, s'installent provisoirement dans des espaces fonctionnels - désaffectés ou encore en activité - ou dans la nature, font en quelque sorte l'école buissonnière. Dans les meilleurs cas, ces oeuvres parlent à la fois de leur propre statut artistique et de leurs rapports avec les lieux qui les accueillent, qu'il s'agisse de souligner des caractéristiques matérielles de ces lieux ou d'en revisiter l'histoire ainsi que certaines fictions qui en découlent. On conçoit facilement qu'il est question ici d'une forme d'art public bien différente de ce qu'on appelle les oeuvres "d'intégration à l'architecture": leur caractère éphémère, notamment, confère aux propositions d'Artefact 2001 une liberté dont ne jouissent pas les oeuvres "du 1%". En fait, les précédents seraient plutôt à chercher du côté de certains projets transitoires et discrets qui ne survivent que dans la mémoire de ceux qui les ont visités: qu'on pense, entre autres, à des interventions dans une ancienne caserne de pompiers ou un théâtre désaffecté, dans une église ou un aéroport international, pour ne prendre que des exemples montréalais. Dans ce fructueux sillage, le canal de Lachine, un peu en état d'hibernation entre sa gloire passée et son imminente renaissance, fait figure d'un artefact - ou d'un "objet trouvé", dit-on en art contemporain - assez gros pour qu'une dizaine d'artistes s'y inventent autant de modes d'insertion originaux, articulant le poétique et le politique, et créent un réseau dynamique en écho à la complexité du lieu. Gilles Daigneault
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Crédit page web | © Artefact 2001
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