Artefact Montréal 2007 - Sculptures urbaines

Du 27 juin au 30 septembre 2007 - Île Sainte-Hélène

Artefact du latin « Artis factum » : les effets de l’art

« Petits pavillons et autres folies »

soulignant le 40 e anniversaire d’EXPO 67

Le Centre d’art public (CAP) organise en 2007 la troisième édition d’Artefact Montréal – sculptures urbaines qui fait suite aux deux premiers événements tenus sur le canal de Lachine en 2001 et au parc du Mont-Royal en 2004. Après Madeleine Poulin et Lise Bissonnette, c’est Maurice Forget qui agit cette fois à titre de Président d’honneur.

Le site

Le site choisi pour l’événement Artefact réunit toujours les trois éléments suivants : 1) c’est un lieu « nomade », c’est-à-dire qu’il est différent à chaque fois ; 2) il constitue un lieu important et particulièrement significatif sur le territoire de l’île de Montréal ; 3) il est déjà fréquenté par le « grand public ».

Pour Artefact Montréal 2007, c’est une partie du site de l’Exposition universelle de 1967 qui accueillera les œuvres des artistes. La tenue d’une Exposition universelle, en effet, constitue toujours un moment marquant, voire un point tournant pour la ville hôte, comme ce fut le cas pour Montréal qui, à partir de cette date, s’est littéralement transformée et a acquis une véritable ouverture sur le monde. L’été 2007 marquant le 40 e anniversaire d’EXPO 67, Artefact Montréal soulignera l’événement en invitant les artistes à « re-voir » le lieu en y intégrant des œuvres in situ et éphémères.

Expo 67

À Montréal, l’ « Exposition universelle et internationale de première catégorie » marquait le centenaire de la Confédération canadienne. Sous le thème de Terre des Hommes (Saint-Exupéry), 61 pays de tous les continents y participèrent.

Les Expositions universelles s’inscrivent dans la tradition et la lignée des marchés et des foires dont l’origine se perd dans la nuit des temps. C’est au XVIII e siècle que l’on commence à organiser des événements semblables à des foires mais où les divers objets seraient simplement montrés et non vendus. Cette première « exposition » à caractère national — et non plus simplement régional — s’est tenue à Prague, en 1791. Plusieurs autres ont eu lieu jusqu’au milieu du XIX e siècle, mais on n’y présentait alors que des produits d’un seul pays. La première exposition véritablement internationale s’est déroulée à Londres en 1851 au Crystal Palace et réunissait 25 pays. Depuis lors, de telles manifestations ont eu lieu régulièrement dans différentes grandes villes du monde : New York ; Paris (en 1855, 1867, 1878, 1889, 1900 et 1937) ; Londres (en 1862) ; Philadelphie (en 1876 pour le Centenaire de l’indépendance américaine) ; Sydney (en 1879) ; Chicago (en 1893 et 1933) ; Bruxelles (en 1897, 1935 et 1958) ; Seatle (en 1962), etc.

L’Exposition universelle de Montréal comprenait 4 secteurs distincts : 2 terrains sur les rives et 2 îles construites (agrandissement de l’île Sainte-Hélène et création de l’île Notre-Dame) pour une superficie totale d’environ 1 000 acres (400 hectares). Les travaux furent « titanesques » : 28 millions de tonnes de remblai ; 847 édifices subdivisés en 3 000 installations ; 27 ponts ; 51 milles de routes et de promenades ; 23 milles de tuyauterie, de décharge et d’égout ; 24 484 places de stationnement ; 14 950 arbres ; 187 acres de pelouse ; 898 000 arbustes, plantes et bulbes ; 256 étangs, fontaines et sculptures ; 6 150 lampadaires, etc.

Pavillon ou « folie »
 

Pour Artefact Montréal 2007, les œuvres des artistes seront élaborées à partir de la notion de « pavillon », faisant ainsi écho aux pavillons thématiques et nationaux érigés à l’époque — et dont quelques-uns subsistent encore de nos jours, tels le pavillon des États-Unis (Biosphère), le pavillon de la Corée et celui de la France devenu le Casino de Montréal. Les œuvres étant réalisées par des créateurs en arts visuels, le terme « pavillon » ne désigne pas ici une véritable construction architecturale mais rappelle plutôt les « folies » que l’on bâtissait autrefois dans un parc ou un jardin (généralement abritées sous les feuillages, elles ont pris le nom de « folies », du latin folia qui signifie « feuille »).

Ces folies ornementales se caractérisaient par un aspect ludique, divertissant et inventif ; elles correspondaient au goût de l’époque pour les loisirs champêtres et pour une esthétique cherchant à reprendre les modèles de l’Antiquité. Certaines étaient très raffinées comme la célèbre folie de Bagatelle avec ses jardins préromantiques, tandis que d’autres étaient éphémères, comme les folies de Versailles que Marie-Antoinette faisait construire puis démolir pour les fêtes qu’elle donnait.

Les folies architecturales transcendent les notions de style, de mode et de nationalisme, émergeant plutôt de ces divers sentiments humains que sont la vanité, la fierté, la passion, l’obsession, la confusion, le chagrin et le plaisir. Une folie n’est pas un style architectural, c’est un état d’esprit. La folie est donc l’un de ces objets magiques qui existe d’abord comme « pur » objet : un objet, avant tout, de bonheur et de délectation.

Dans cette édition d’Artefact Montréal 2007, l’enjeu consiste donc de re-visiter un lieu mais aussi une date, une époque — un temps et un espace donnés — qui rappelleront à certains des souvenirs, à la fois qu’ils feront découvrir à une nouvelle génération toute l’importance de cette manifestation internationale qui a littéralement métamorphosé la métropole.

Les commissaires

Comme en 2001 et 2004, c’est Gilles Daigneault qui agira à titre de commissaire d’Artefact Montréal 2007. Il sera secondé par un co-commissaire, Nicolas Mavrikakis, lequel prendra la relève pour Artefact Montréal 2010.

Les artistes

Afin de rappeler la dimension universelle d’EXPO 67, les artistes proviennent des cinq continents. En plus de concevoir une œuvre éphémère d’une durée de trois mois, ils sont confrontés au défi assurément fort stimulant d’imaginer une proposition en fonction d’un lieu fortement chargé de mémoire. Ces artistes sont notamment choisis pour l’intérêt qu’ils portent aux réalisations extérieures et pour leur expertise en ce domaine.

Les œuvres

Les œuvres seront disséminées sur un parcours conçu pour se faire à pied en moins de 90 minutes — ou à vélo en un temps plus court, pour ceux et celles qui le désirent. Le point de départ sera la station de métro de l’île Sainte-Hélène — un lieu facile d’accès et hautement achalandé. Comme dans les éditions précédentes, les œuvres seront démantelées à la fin de la manifestation.

En parallèle

Parallèlement à l’événement lui-même, se tiendront plusieurs expositions qui feront écho à la manifestation principale et permettront de mieux faire connaître le travail des artistes participants. Les lieux d’exposition : Musée d’art contemporain de Montréal (du 13 juin au 29 juillet), Galerie Art Mûr, Galerie Thérèse Dion, Galerie Joyce Yahouda, Galerie Lilian Rodriguez, Galerie d'art d'Outremont.

Les publics

L’une des caractéristiques d’Artefact est de s’adresser à divers publics : d’une part, le public « spécialisé » du milieu de l’art ; d’autre part, le « tout public » — le public captif — qui fréquente déjà le site de l’île Sainte-Hélène. En 2007, une attention particulière sera apportée afin de mieux rejoindre ces divers publics, entre autres par le biais de visites guidées et ce, au moins une fois par semaine. .

Serge Fisette

Directeur

Le Centre d’art public remercie de leur appui : Conseil des arts et des lettres du Québec, Ministère des Affaires municipales et des Régions, Patrimoine canadien, Conseil des arts de Montréal, Service du développement culturel, de la qualité du milieu de vie et de la diversité ethnoculturelle de la Ville de Montréal, Tourisme Montréal, les responsables du Parc Jean-Drapeau, la Biosphère, Musée d’art contemporain de Montréal, Galerie Joyce Yahouda, Galerie Thérèse Dion, Galerie Art Mûr, Galerie Simon Blais, Galerie Lilian Rodriguez, Duplica St-Denis.